Les 10 films d’animation japonais indispensables

Pour poursuivre sur notre intéressante lancée initiée avec les 8 films japonais qu’il faut avoir vus, je vous propose une liste un peu plus spécifique des dix films d’animation japonais à voir absolument. Au départ, je les avais agrégés à la liste initiale, mais la japanimation est un genre tellement fort qu’ils méritaient bien leur article dédié.

Ces films d’animation peuvent être cultes par leur réussite technique, scénaristique, par leur nombre d’entrées ou l’influence qu’ils ont eue au Japon ou à l’international. Bien entendu, cette liste possède une part de subjectivité et n’a pas vocation à être absolue. Les films de japanimation qui suivent sont classés par ordre alphabétique.

Akira (Katsuhiro Ôtomo – 1988)

Akira a une saveur toute particulière, en particulier en France, où il a été l’une des premières oeuvres de japanimation à être importées sur notre territoire. Mais cela reste également l’adaptation ambitieuse d’un manga tentaculaire, qui confine son histoire au panthéon des essais sur la vie post-apocalyptique. Miroir japonais d’un Blade RunnerAkira reste un monstre de la science-fiction, et a eu cette rayonnance marquante du « Neo-Tokyo » auprès d’une quantité impressionnante de productions qui ont suivi.

Amer Béton (Michael Arias – 2006)

Beaucoup sont surpris d’entendre que le projet d’animation filmique Amer Béton a été confié à un Américain. Oeuvre très étonnante tirée du manga éponyme, cette adaptation fait preuve d’une maîtrise sidérante de l’outil d’animation. Michael Arias a réalisé non seulement un tour de force technique et esthétique, mais également une création inattendue, tour à tour violente puis philosophique, acérée comme cette ville agressive où tentent de vivre les deux orphelins. En résulte un film éblouissant et subversif, comme seule l’animation japonaise pouvait le pondre.

Cowboy Bebop Knockin’ on Heaven’s Door (Shinichirô Watanabe – 2001)

Dans l’oeuvre puissante de Shinichirô Watanabe, il y a deux titres dont le caractère supérieur se démarque : Cowboy Bebopet Samurai Champloo. Deux séries animées divisées en vingt-six pépites chacune, au souffle calculé au millimètre. La fin bouleversante de Cowboy Bebop n’ouvrait pas sur une suite ; qu’à cela ne tienne, on nous sert un film indépendant construit comme un épisode longue durée. L’exercice, pourtant délicat et sur lequel beaucoup se sont cassés les dents, est réalisé avec brio. On retiendra Cowboy Bebop Knockin’ on Heaven’s Door pour son caractère absolu sur l’animé et comme un adieu élégiaque à cette série que l’on ne pourra jamais oublier.

Tétralogie Evangelion (Hideaki Anno – 2007-2013)

Titre tout-puissant de la japanimation qui a couronné Gainax dans les années 1990, Evangelion a eu maille à partir avec sa fin controversée. Réécrite par deux fois, elle laisse désormais place à un ensemble de quatre films remakes d’Evangelion. Leur espoir est de parachever le culte de la série en lui donnant le souffle, la plastique et le rythme qu’elle méritait depuis si longtemps. A ce jour, seuls les deux premiers sur quatre ont été diffusés, laissant une empreinte marquante sur la réinvention pourtant fidèle de cette oeuvre culte. Paraît-il que l’année qui vient nous servira les deux derniers films ; c’est tout le mal que l’on se souhaite.

Innocence Ghost in the Shell (Mamoru Oshii – 2004)

On touche probablement avec Innocence Ghost in the Shell le film le plus controversé de cette liste. Ecrit comme une approche annexe et très cinématographique de GitS, Innocence a été très loin de faire l’unanimité. La faute à des questionnements philosophiques très marqués que certains ont pris comme un discours dérivatif. Il n’en reste pas moins, non seulement une conclusion ouverte sur l’oeuvre et la place du robot dans l’humanité, mais également une réussite technique et artistique incontestable, agrémentée d’une bande sonore incroyable de Kenji Kawai.

Kanojo to Kanojo no Neko (Makoto Shinkai – 1999)

Kanojo to Kanojo no Neko, aussi connu sous le titre traduit de She and her Cat, a ceci de particulier dans notre sélection qu’il s’agit d’un film d’animation au format court. D’une durée de cinq minutes (!), il n’en est pas moins réussi. Essai très minimaliste, il remonte à une époque où Makoto Shinkai réalisait l’ensemble à lui seul. Pour ce court-métrage, l’histoire est vue par le prisme d’un petit chat et sa relation à sa maîtresse. Un format étonnant, en noir et blanc, qui utilise l’animation avec parcimonie pour servir un résultat délicat et evanescent. Le dernier Makoto Shinkai en date, Voyage vers Agartha, sort en France en juillet.

Mindgame (Masaaki Yuasa – 2004)

Beaucoup plus étonnant, Mindgame réunit les cerveaux barrés du Studio 4°C pour un travail épique à ne pas mettre entre toutes les mains : on est en effet à l’antithèse du film d’animation classique et divertissant. Il s’agit là plutôt d’un essai intriguant, mélange de diverses techniques d’animation, fourre-tout artistique et jeu psychologique entre les animateurs et leurs personnages. Mindgame est à réserver à une frange du public rompue à la japanimation, mais surtout désireuse de sortir des carcans formatés dans lesquels les productions la condamnent trop souvent.

Mon Voisin Totoro (Hayao Miyazaki – 1988)

A vrai dire, il m’a été difficile d’arrêter le choix sur un seul des films du Studio Ghibli. Beaucoup des essais de Miyazaki se sont soldés par d’incroyables réussites à tous points de vue. J’aurais donc pu citer NausicaäPorco Rosso, ou encore Le Voyage de Chihiro qui a explosé mondialement. Mais c’est Mon Voisin Totoro que j’ai choisi de classer ici. D’abord, parce qu’il est sorti en séance double avec Le Tombeau des Lucioles, par crainte d’un échec de la part des producteurs. Mais aussi pour son caractère nostalgique et fantasmatique qui continue de séduire toutes les générations. Et enfin, pour son protagoniste qui est devenu la mascotte de Ghibli et la meilleure vente de ses produits dérivés.

One Piece Strong World (Munehisa Sakai / Eiichirô Oda – 2009)

Difficile de ne pas citer One Piece dans cette sélection. Série rouleau-compresseur au Japon depuis de longues années, d’abord via son manga original puis à travers son adaptation animée, One Piece a été longtemps mal lotie dans le cinéma d’animation. Pour son dixième opus, Strong World, c’est le mangaka Oda lui-même qui a pris les commandes, offrant une version décomplexée et enfin libérée techniquement, proposant une aventure de deux heures dans laquelle l’équipage au chapeau de paille rencontre des adversaires hauts en couleurs. Dépaysement garanti ! Z, le 11è film One Piece saura-t-il faire aussi bien ?

Perfect Blue (Satoshi Kon – 1997)

Parce que je ne pouvais pas évincer Satoshi Kon de la sélection, c’est son Perfect Blue que j’ai choisi d’illustrer ici. Oeuvre majeure da sa filmographie, il aura inspiré jusqu’au plus récent Black Swan d’Aronovsky. Perfect Blue est pour moi le film central de Kon, acmé de son écriture des personnages et de sa maîtrise de la dualité. Le visionnage est étrange, captivant, déroutant, dérangeant puis étonnamment cathartique. Incontestablement l’un des indispensables de l’histoire de l’animation.

On pourrait évidemment en citer beaucoup d’autres (j’ai hésité notamment sur Jin Roh et La Traversée du Temps), et d’ailleurs je vous encourage à nommer ceux que vous jugez comme les meilleurs films d’animation japonais dans les commentaires ci-dessous !

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